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le stress au travailPourquoi la plupart des remèdes contre le stress ne marchent pas

(ou pas durablement…)

Le stress au travail est manifestement une plaie, une cause majeure d’absentéisme et souvent un frein à la qualité des performances individuelles, je ne vous apprends rien. De nombreux traitements ou solutions sont proposés afin de détendre le corps, calmer l’esprit et aider la personne à faire face. Massages, huiles essentielles, activité physique, gestion du temps, régime alimentaire sain, respiration, humour… tout cela fait du bien, atténue les symptômes et la tension intérieure, mais est-ce que cela résout réellement les problèmes de stress ? Je veux dire : est-ce que ces remèdes ou actions guérissent la personne de son stress ? De sa tendance à stresser, à s’inquiéter, à angoisser face aux difficultés rencontrées ? A mon avis, non.

Pourquoi ?

Je vais pour expliquer cela me référer au modèle ABC du psychologue Albert Ellis.

Dans ce modèle :

  • A représente la situation qui déclenche le stress ou qui est potentiellement cause du stress
  • C représente les conséquences du stress : émotions négatives, problèmes physiologiques, etc.
  • B représente la boîte noire, constituée par tout ce qui se passe dans la tête de la personne : croyances, pensées, interprétations… Le filtre individuel, construit au fil de notre histoire et de nos expériences, et propre à chacun de nous. En fonction de notre vécu, nous percevons, analysons, réagissons différemment face à un stimulus identique. L’un a peur de parler en public, l’autre pas. Je ne supporte pas d’être en retard, cela vous indiffère. Et ainsi de suite.

stress au travailA votre avis, à quel niveau agissent la plupart des outils de gestion du stress ? Au niveau C.

Et quel est selon vous le point le plus important ? Le point B bien sûr. C’est votre carte du monde, la manière dont vous vivez les choses qui impactent le plus votre réaction de stress, quelle que soit la situation de départ.

Prenons un exemple concret : un employé travaille dans une entreprise en restructuration. Il y aura probablement des licenciements, mais c’est l’incertitude. Voilà une situation considérée typiquement comme stressante.

  • A est donc l’incertitude
  • B ce qu’il en pense, comment il interprète ce fait
  • C les conséquences potentielles sur ses émotions, sa santé, etc.

Que peut faire l’employé ?

  • Il peut agir au niveau A : décider de changer de boîte par exemple, ou interroger sa hiérarchie… Bref, agir sur la situation perturbante.
  • Il peut agir au niveau C : prendre soin de lui, se détendre, méditer (voir l’article : les 7 bienfaits de la méditation)… pour réduire au maximum les effets négatifs de l’incertitude.
  • Il peut agir aussi au niveau B : modifier sa perception de cette incertitude. Supposons qu’il analyse la situation, et décide de conserver son poste le plus longtemps possible, car il y trouve toute une série d’avantages. Ce faisant, il se réapproprie sa vie, il fait un choix personnel : celui de rester dans ce job malgré le climat d’incertitude qui y règne. Ne plus se percevoir comme victime supprime déjà une part importante du vécu de stress !

gérer le stress au travailOn peut même aller plus loin : supposons qu’il ne puisse rien changer à la situation, au point A donc. L’employé peut faire en sorte de modifier son regard sur les événements, de manière à les rendre acceptables pour lui. Il peut se rendre compte que c’est la troisième fois qu’il se retrouve dans cette situation, et que ce n’est sans doute pas par hasard. Quelle leçon y a-t-il à tirer de cette expérience ? Manque-t-il de confiance en ses compétences ? A-t-il tendance à croire, plus ou moins inconsciemment, que tout doit être difficile dans la vie, qu’il faut se battre pour réussir ? A-t-il confiance en la vie ? Ce travail, cette vie est-elle faite pour lui ? Est-il en accord avec lui-même, ou poursuit-il de fausses valeurs ?

Il peut se rendre compte, à un niveau plus profond encore, que son inquiétude signifie qu’il est coupé de son intuition, de sa connexion à son intelligence supérieure.

Les niveaux de travail sont multiples, en fonction des croyances de la personne.  Et aussi de la remise en question qu’elle est prête à entreprendre…

On le voit par cet exemple, seul un travail de fond sur les croyances, le système d’interprétation de l’individu, son rapport au monde peut apporter des résultats structurels et durables dans la manière de réagir aux événements, et donc de « stresser » ou pas. Et quelle que soit le choix effectué, quel que soit le changement interne que la personne est prête à assumer, elle aura au moins pris une décision en connaissance de cause. Cette démarche en soi la sort de la passivité et de l’impuissance vécues qui nous plongent si souvent dans cet état de stress si pernicieux.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelle méthode est selon vous efficace pour gérer, voire supprimer le stress au travail ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire !

Maryse Legrand

PS : Cet article sera dans quelques temps inséré dans mon site www.maryselegrand.com, consacré exclusivement à la gestion du stress au travail, mais encore en construction pour l’instant.

 

Cet article participe au festival « A la croisée des blogs » organisé en ce mois de novembre par Pierre Cocheteux (http://vaincre-les-risques-psychosociaux.fr). Le thème en est « La santé au travail ». « A la Croisée des Blogs » est un événement mensuel inter-blogueurs organisé par le blog Développement personnel.org depuis Octobre 2008.

photos Flickr: 1: Helga Weber, 2: martathegoodone, 3: Nicholas Carter

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