Des mots pour être mieux, pour être Soi

Rendez à maman ce qui lui appartient !

Rendez à maman ce qui lui appartient!Non, je ne sous-entends pas ici, cher lecteur, que vous ayez dérobé quoi que ce soit à votre mère! 😉 Il s’agit de tout autre chose.

Les relations parents-enfants ne sont pas simples, n’est-ce pas ? Rares sont les familles où tout se passe dans l’harmonie… Souvent les sentiments sont mêlés et contradictoires. Amour-haine, rancune, admiration, frustration, reconnaissance… tout y passe et se mélange copieusement. Comment faire la paix avec tout cela ?

Plusieurs de mes clients (sans doute encore une loi des séries, mais ça tombe bien car cela me donne de l’inspiration! ;-)) sont venus me voir avec des difficultés relationnelles et affectives, ou tout simplement un mal-être dont l’origine n’était pas évidente à première vue. En explicitant un peu leur parcours, il est apparu que leurs parents ont vécu des difficultés importantes : abandon, naissances très rapprochées, perte d’un enfant, maltraitance… qui les ont fragilisés.

Que se passe-t-il fréquemment dans un tel cas ? Par une sorte de loyauté familiale tout à fait inconsciente, par amour aussi, ou pour être aimé, l’enfant accepte de porter le parent blessé. Il fait le choix inconscient d’assumer pour lui, avec lui, le poids qu’il porte, le manque, les angoisses, la colère… et le parent accepte de partager avec son enfant le poids de ses propres souffrances. Il est tentant, en effet, de s’appuyer sur cette béquille qui est là, disponible… Probablement aussi que ce parent, en tant qu’enfant de ses propres parents, a joué le même rôle… Le parent, donne, l'enfant reçoit...

Le problème est que ce soutien est contre nature. Il existe des lois dans les systèmes familiaux, des règles dans la transmission de la Vie, de génération en génération. Une de ces règles dit que l’enfant est le petit, et qu’il ne porte pas ses parents. Les parents donnent, les enfants reçoivent. Une fois grands ils assument à leur tour leur rôle de parents, pas avant. Les parents ne devraient pas avoir besoin de leurs enfants, même si cela paraît incroyable à première vue. Bien sûr ils peuvent être heureux et fiers de les voir grandir et s’épanouir, mais l’enfant n’est pas là pour combler un manque de son père ou de sa mère.

Or, que se passe-t-il si souvent ? L’enfant « s’écrase », se fait tout petit pour ne pas être une charge pour ses parents. Ou il s’efforce de réaliser les rêves que papa et/ou maman n’ont pas pu concrétiser. Ou il prend une place qui n’est pas la sienne : celle du garçon attendu pour la fille, celle de la mère décédée trop tôt, d’un enfant mort… un fils prend la place du père trop décevant…

Par amour, il fait tout pour son ou ses parents. Ce sacrifice se fait au prix du propre bonheur de l’enfant et l’empêche de vivre sa vie. Il porte un poids qui ne lui appartient pas, qui le freine et le handicape dans sa vie professionnelle, sentimentale, bien sûr sans qu’il s’en rende compte, car ces mécanismes sont tout à fait inconscients. Plus tard, il reproduit le même comportement avec son conjoint, ses enfants. Et cette loyauté familiale peut se transmettre pendant des générations, à notre insu ! Rendre les charges qui ne nous appartiennent pas

Alors, comment savoir si vous portez ce poids, ces souffrances qui ne vous appartiennent pas ? Il y a des signes, des symptômes. Peut-être souffrez-vous des mêmes maladies qu’un de vos parents, de la même dépression… Vous vivez des choses identiques. Vous acceptez, plus ou moins consciemment, de réaliser leurs aspirations. Vous vous sentez souvent coupables vis-à-vis d’eux, culpabilité mêlée de colère, de dévalorisation de soi… Vous avez du mal à prendre votre place, à vous affirmer… Vous vivez des échecs répétés, sans comprendre pourquoi…

Que faire ?

Prendre conscience de ce mécanisme est un premier pas, mais ce n’est pas suffisant. Il faut, effectivement, « rendre » au parent le poids qu’on porte pour lui, symboliquement mais aussi « énergétiquement ». Et ainsi rétablir l’ordre sain des choses, afin que chacun dans la lignée occupe la place qui lui appartient et assume les responsabilités qui lui incombent. Parler de tout ceci à votre père ou votre mère n’aura probablement que peu d’impact. On ne peut forcer quelqu’un à changer!

Par contre les constellations familiales sont un outil tout indiqué pour rapidement se dégager des liens nocifs que nous avons, inconsciemment, accepté de tisser. Et retrouver notre autonomie, notre liberté intérieure, notre amour de nous-mêmes et de la vie, grâce à des relations saines avec ceux qui nous l’ont transmise.

 

Et vous, portez-vous vos parents? Assumez-vous des charges ou des responsabilités qui ne vous appartiennent pas? Que pensez-vous de ce mécanisme? Je lirai attentivement vos commentaires! A bientôt!

Maryse

 

Photos Flickr: 1:Dustin J McClure, 2: subactive_photo, 3:  ffreakazzoid

2 réponses à Rendez à maman ce qui lui appartient !

  • Bonsoir Maryse,
    En réponse à ton article »et vous portez-vous vos parents? ».Je dis quej’ai porté les « valises » de ma mère,les valises de l’absence de mon père et de toute ma famille car j’étais complètement immergé dedans!…souffrances…quand on ne sait pas qu’on ne sait pas.
    Le mimétisme n’est pas étranger à cet état d’être.L’homme a pour réflexe inconscient de recopier ce qu’il voit,entend,perçoit,sent,etc…
    En recopiant une situation,il connait déjà la réponse,ça le rassure,il se sent en sécurité…du moins c’est ce qu’il croit.
    Pour prendre conscience de mon inconscience j’ai dû sortir de ma zone de sécurité.Cela veut dire changer de comportement à chaque secondes,aussi bien à l’intérieur qu’a l’extérieur de moi.En changeant de comportement,le monde se comporte autrement vis à vis de moi.En décidant MOI-MÊME,je sors de ma zone de sécurité car je ne connais pas le résultat à l’avance.Cela dure un bout de temps car les gens autour de moi ne me reconaissent pas.C’est normal,je suis moi ici et maintenant.Ceux qui ont des rapports honnêtes et correctes restent dans ta vie,les personnes qui se disent être tes amis et qui en vérité sont la par intérêts disparaissent automatiquement,car il n’ont plus d’emprise sur toi.
    La folie,c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.C’est pas moi qui le dit, c’est Albert Einstein,vous connaissez?
    Merci Maryse de me laisser m’exprimer et de partager ton savoir et ton intention.Je te souhaite une belle semaine.
    Pierre.

  • Oui Pierre, la liberté et le bonheur véritable commencent quand on se prend en mains pour décider de naître à soi-même… L’entourage a parfois du mal à s’adapter au début, mais en général cela oblige les proches à évoluer eux aussi vers une manière de vivre plus conforme à ce qu’ils sont vraiment. Donc tout le monde y trouve son compte! 😉 Bon chemin à toi!

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