Des mots pour être mieux, pour être Soi

Archives mensuelles : novembre 2013

le stress au travailPourquoi la plupart des remèdes contre le stress ne marchent pas

(ou pas durablement…)

Le stress au travail est manifestement une plaie, une cause majeure d’absentéisme et souvent un frein à la qualité des performances individuelles, je ne vous apprends rien. De nombreux traitements ou solutions sont proposés afin de détendre le corps, calmer l’esprit et aider la personne à faire face. Massages, huiles essentielles, activité physique, gestion du temps, régime alimentaire sain, respiration, humour… tout cela fait du bien, atténue les symptômes et la tension intérieure, mais est-ce que cela résout réellement les problèmes de stress ? Je veux dire : est-ce que ces remèdes ou actions guérissent la personne de son stress ? De sa tendance à stresser, à s’inquiéter, à angoisser face aux difficultés rencontrées ? A mon avis, non.

Pourquoi ?

Je vais pour expliquer cela me référer au modèle ABC du psychologue Albert Ellis.

Dans ce modèle :

  • A représente la situation qui déclenche le stress ou qui est potentiellement cause du stress
  • C représente les conséquences du stress : émotions négatives, problèmes physiologiques, etc.
  • B représente la boîte noire, constituée par tout ce qui se passe dans la tête de la personne : croyances, pensées, interprétations… Le filtre individuel, construit au fil de notre histoire et de nos expériences, et propre à chacun de nous. En fonction de notre vécu, nous percevons, analysons, réagissons différemment face à un stimulus identique. L’un a peur de parler en public, l’autre pas. Je ne supporte pas d’être en retard, cela vous indiffère. Et ainsi de suite.

stress au travailA votre avis, à quel niveau agissent la plupart des outils de gestion du stress ? Au niveau C.

Et quel est selon vous le point le plus important ? Le point B bien sûr. C’est votre carte du monde, la manière dont vous vivez les choses qui impactent le plus votre réaction de stress, quelle que soit la situation de départ.

Prenons un exemple concret : un employé travaille dans une entreprise en restructuration. Il y aura probablement des licenciements, mais c’est l’incertitude. Voilà une situation considérée typiquement comme stressante.

  • A est donc l’incertitude
  • B ce qu’il en pense, comment il interprète ce fait
  • C les conséquences potentielles sur ses émotions, sa santé, etc.

Que peut faire l’employé ?

  • Il peut agir au niveau A : décider de changer de boîte par exemple, ou interroger sa hiérarchie… Bref, agir sur la situation perturbante.
  • Il peut agir au niveau C : prendre soin de lui, se détendre, méditer (voir l’article : les 7 bienfaits de la méditation)… pour réduire au maximum les effets négatifs de l’incertitude.
  • Il peut agir aussi au niveau B : modifier sa perception de cette incertitude. Supposons qu’il analyse la situation, et décide de conserver son poste le plus longtemps possible, car il y trouve toute une série d’avantages. Ce faisant, il se réapproprie sa vie, il fait un choix personnel : celui de rester dans ce job malgré le climat d’incertitude qui y règne. Ne plus se percevoir comme victime supprime déjà une part importante du vécu de stress !

gérer le stress au travailOn peut même aller plus loin : supposons qu’il ne puisse rien changer à la situation, au point A donc. L’employé peut faire en sorte de modifier son regard sur les événements, de manière à les rendre acceptables pour lui. Il peut se rendre compte que c’est la troisième fois qu’il se retrouve dans cette situation, et que ce n’est sans doute pas par hasard. Quelle leçon y a-t-il à tirer de cette expérience ? Manque-t-il de confiance en ses compétences ? A-t-il tendance à croire, plus ou moins inconsciemment, que tout doit être difficile dans la vie, qu’il faut se battre pour réussir ? A-t-il confiance en la vie ? Ce travail, cette vie est-elle faite pour lui ? Est-il en accord avec lui-même, ou poursuit-il de fausses valeurs ?

Il peut se rendre compte, à un niveau plus profond encore, que son inquiétude signifie qu’il est coupé de son intuition, de sa connexion à son intelligence supérieure.

Les niveaux de travail sont multiples, en fonction des croyances de la personne.  Et aussi de la remise en question qu’elle est prête à entreprendre…

On le voit par cet exemple, seul un travail de fond sur les croyances, le système d’interprétation de l’individu, son rapport au monde peut apporter des résultats structurels et durables dans la manière de réagir aux événements, et donc de « stresser » ou pas. Et quelle que soit le choix effectué, quel que soit le changement interne que la personne est prête à assumer, elle aura au moins pris une décision en connaissance de cause. Cette démarche en soi la sort de la passivité et de l’impuissance vécues qui nous plongent si souvent dans cet état de stress si pernicieux.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelle méthode est selon vous efficace pour gérer, voire supprimer le stress au travail ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire !

Maryse Legrand

PS : Cet article sera dans quelques temps inséré dans mon site www.maryselegrand.com, consacré exclusivement à la gestion du stress au travail, mais encore en construction pour l’instant.

 

Cet article participe au festival « A la croisée des blogs » organisé en ce mois de novembre par Pierre Cocheteux (http://vaincre-les-risques-psychosociaux.fr). Le thème en est « La santé au travail ». « A la Croisée des Blogs » est un événement mensuel inter-blogueurs organisé par le blog Développement personnel.org depuis Octobre 2008.

photos Flickr: 1: Helga Weber, 2: martathegoodone, 3: Nicholas Carter

idées noiresComment empêcher les idées noires de faire leur nid dans nos cheveux ?

« On ne peut pas empêcher les idées noires

de voler au-dessus de nos têtes,

mais on peut les empêcher d’y faire leur nid. »

Proverbe chinois

 

Sans parler de dépression, il nous arrive à tous de broyer du noir. Le plus souvent, ce sont des événements extérieurs qui nous affectent ; mauvaise nouvelle, déception, ou tout simplement la morosité ambiante, la pluie, la fatigue des journées qui se répètent… Parfois nous ne savons même pas pourquoi notre humeur est chagrine. Nous nous réveillons avec le cœur lourd, la tristesse nous envahit sans nous demander notre avis, ni nous expliquer ce qu’elle fait là.

Que se passe-t-il alors la plupart du temps ? Si nous en avons la possibilité, nous essayons de nous distraire, de nous « changer les idées »… écouter de la musique, sortir, s’amuser… Parfois ça marche, mais pas toujours. Parfois, la noirceur s’accroche, nous nous sentons englués dans un mécanisme pesant qui nous échappe. La « rumination » se met en place avec son cortège de pensées négatives. Nous n’arrivons pas à nous en dégager.

il existe des solutions... grâce à la méditationIl existe pourtant des solutions simples à mettre en œuvre, à condition d’être conscient et présent à ce qui se passe en nous, et d’intervenir rapidement.

Comment les idées noires s’installent-elles ? Si nous sommes attentifs, nous observons que tout commence par une pensée. Une pensée négative accompagnée d’une émotion. Par exemple : « zut, il pleut ». Cette pensée en appelle une autre : « en plus, je dois terminer le dossier x aujourd’hui, j’ai peur que mon chef n’apprécie pas ma façon de voir les choses… » De nouveau : énergie négative. Et la suite : « c’est vrai qu’il ne m’apprécie pas… » « La preuve… » « Je ne suis sans doute pas assez… » « C’est vrai, puisque… » Etc, etc.

Cela vous dit quelque chose ? Une pensée négative en appelle une autre, qui enchaîne avec une autre, puis une autre… et nous nous laissons embarquer dans un train mental de désespoir sans même nous en rendre compte. Et ce train de pensées nous entraîne dans une spirale de rumination dont il est ensuite de plus en plus difficile de sortir.

La solution serait donc de ne pas y entrer… mais comment ?

Grâce à la méditation, pardi ! Si vous prenez l’habitude de méditer, vous vous exercez à observer vos pensées, de manière neutre et détachée. Donc, quand une pense négative surgit, vous devenez progressivement capable de mettre un stop dès que vous constatez que vous vous embarquez dans un mauvais train. Autrement dit : « Zut, il pleut… » Vous constatez, sans vous juger ni vous irriter, que vous émettez une pensée négative, avec une émotion désagréable à la clé. C’est le moment de se dire : « holà, je suis en train de refuser ce qui est, de me créer un scénario négatif ».

s'aimer suffisamment pour ne pas se laisser entraîner Vous décidez de prendre de la distance, de ne pas vous laisser affecter par ce qui se passe, de ne pas nourrir cette énergie.

Vous décidez aussi que vous vous aimez suffisamment pour ne pas vous imposer cette négativité. Vous choisissez ce qui est bon pour vous, car c’est ce qui fait votre grandeur, votre dignité d’être humain.

Vous devrez peut-être vous y reprendre à plusieurs fois, mais au final cet « appel » de pensées sombres finira par perdre de sa force d’attraction, car vous refusez de l’alimenter.

Bien sûr, cela demande une certaine pratique… Mais ce n’est qu’une question d’habitude à mettre en place, et finalement moins difficile qu’il n’y paraît. Le jeu en vaut la chandelle ! D’autant que la méditation nous apporte de nombreux autres bienfaits ! (voir mon article « Les  7 bienfaits de la méditation »)

Cette technique est valable également pour des problèmes de dépression plus sérieux. Des programmes de thérapie ont été créés qui proposent des entraînements à la méditation se basant sur le même principe. Ils sont surtout utiles pour les personnes ayant déjà connus des épisodes dépressifs par le passé et permettent d’éviter les rechutes. (MBCT pour Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience).

Que pensez-vous de cette solution ? Cela vous parait-il abordable ? N’hésitez pas à laisser vos commentaires !

Maryse

photos Flickr: 1 marimbajlamesa, 2 beeep, 3 Tatinauk

 

 

Rendez à maman ce qui lui appartient !

Rendez à maman ce qui lui appartient!Non, je ne sous-entends pas ici, cher lecteur, que vous ayez dérobé quoi que ce soit à votre mère! 😉 Il s’agit de tout autre chose.

Les relations parents-enfants ne sont pas simples, n’est-ce pas ? Rares sont les familles où tout se passe dans l’harmonie… Souvent les sentiments sont mêlés et contradictoires. Amour-haine, rancune, admiration, frustration, reconnaissance… tout y passe et se mélange copieusement. Comment faire la paix avec tout cela ?

Plusieurs de mes clients (sans doute encore une loi des séries, mais ça tombe bien car cela me donne de l’inspiration! ;-)) sont venus me voir avec des difficultés relationnelles et affectives, ou tout simplement un mal-être dont l’origine n’était pas évidente à première vue. En explicitant un peu leur parcours, il est apparu que leurs parents ont vécu des difficultés importantes : abandon, naissances très rapprochées, perte d’un enfant, maltraitance… qui les ont fragilisés.

Que se passe-t-il fréquemment dans un tel cas ? Par une sorte de loyauté familiale tout à fait inconsciente, par amour aussi, ou pour être aimé, l’enfant accepte de porter le parent blessé. Il fait le choix inconscient d’assumer pour lui, avec lui, le poids qu’il porte, le manque, les angoisses, la colère… et le parent accepte de partager avec son enfant le poids de ses propres souffrances. Il est tentant, en effet, de s’appuyer sur cette béquille qui est là, disponible… Probablement aussi que ce parent, en tant qu’enfant de ses propres parents, a joué le même rôle… Le parent, donne, l'enfant reçoit...

Le problème est que ce soutien est contre nature. Il existe des lois dans les systèmes familiaux, des règles dans la transmission de la Vie, de génération en génération. Une de ces règles dit que l’enfant est le petit, et qu’il ne porte pas ses parents. Les parents donnent, les enfants reçoivent. Une fois grands ils assument à leur tour leur rôle de parents, pas avant. Les parents ne devraient pas avoir besoin de leurs enfants, même si cela paraît incroyable à première vue. Bien sûr ils peuvent être heureux et fiers de les voir grandir et s’épanouir, mais l’enfant n’est pas là pour combler un manque de son père ou de sa mère.

Or, que se passe-t-il si souvent ? L’enfant « s’écrase », se fait tout petit pour ne pas être une charge pour ses parents. Ou il s’efforce de réaliser les rêves que papa et/ou maman n’ont pas pu concrétiser. Ou il prend une place qui n’est pas la sienne : celle du garçon attendu pour la fille, celle de la mère décédée trop tôt, d’un enfant mort… un fils prend la place du père trop décevant…

Par amour, il fait tout pour son ou ses parents. Ce sacrifice se fait au prix du propre bonheur de l’enfant et l’empêche de vivre sa vie. Il porte un poids qui ne lui appartient pas, qui le freine et le handicape dans sa vie professionnelle, sentimentale, bien sûr sans qu’il s’en rende compte, car ces mécanismes sont tout à fait inconscients. Plus tard, il reproduit le même comportement avec son conjoint, ses enfants. Et cette loyauté familiale peut se transmettre pendant des générations, à notre insu ! Rendre les charges qui ne nous appartiennent pas

Alors, comment savoir si vous portez ce poids, ces souffrances qui ne vous appartiennent pas ? Il y a des signes, des symptômes. Peut-être souffrez-vous des mêmes maladies qu’un de vos parents, de la même dépression… Vous vivez des choses identiques. Vous acceptez, plus ou moins consciemment, de réaliser leurs aspirations. Vous vous sentez souvent coupables vis-à-vis d’eux, culpabilité mêlée de colère, de dévalorisation de soi… Vous avez du mal à prendre votre place, à vous affirmer… Vous vivez des échecs répétés, sans comprendre pourquoi…

Que faire ?

Prendre conscience de ce mécanisme est un premier pas, mais ce n’est pas suffisant. Il faut, effectivement, « rendre » au parent le poids qu’on porte pour lui, symboliquement mais aussi « énergétiquement ». Et ainsi rétablir l’ordre sain des choses, afin que chacun dans la lignée occupe la place qui lui appartient et assume les responsabilités qui lui incombent. Parler de tout ceci à votre père ou votre mère n’aura probablement que peu d’impact. On ne peut forcer quelqu’un à changer!

Par contre les constellations familiales sont un outil tout indiqué pour rapidement se dégager des liens nocifs que nous avons, inconsciemment, accepté de tisser. Et retrouver notre autonomie, notre liberté intérieure, notre amour de nous-mêmes et de la vie, grâce à des relations saines avec ceux qui nous l’ont transmise.

 

Et vous, portez-vous vos parents? Assumez-vous des charges ou des responsabilités qui ne vous appartiennent pas? Que pensez-vous de ce mécanisme? Je lirai attentivement vos commentaires! A bientôt!

Maryse

 

Photos Flickr: 1:Dustin J McClure, 2: subactive_photo, 3:  ffreakazzoid